Situé au sud de Narbonne, le complexe des étangs du Narbonnais est formé des étangs de Bages-Sigean, Campignol, Ayrolle et Gruissan. Ces étangs sont situés sur le périmètre du Parc Naturel Régional de la Narbo- naise en Méditerranée.

       





 



L’année 2006 a été marquée à la fois par un déficit de précipitations au printemps et par la fermeture du Canélou (principal déversoir de la Robine dans l’étang) durant deux mois (février et mars) pour limiter les apports de nitrates, suite à un accident industriel sur Narbonne en janvier.
Ces éléments ont très certainement contribué à accentuer l’amélioration de la qualité des eaux de Bages-Sigean. En effet, pour la première fois depuis la mise en place de ce suivi, la colonne d’eau de la lagune de Bages-Sigean est en bon état, voire très bon état (pour le bassin médian) vis-à-vis de l’eutrophisation. Le bassin sud de l’étang reste cependant sensible aux rejets de la station d’épuration de Sigean qui est maintenant la principale source de pollution urbaine dans cette partie de l’étang.
Ces résultats montrent également que la gestion du canal de la Robine doit faire l’objet d’une réflexion poussée dans les années à venir, au même titre que la poursuite de l’amélioration des rejets sur le bassin versant et des échanges mer-étang.

 


Le suivi réalisé durant les six premières années du RSL permet de dire que la restauration de la qualité des eaux vis-à-vis de l’eutrophisation des bassins nord et médian de cette lagune est maintenant engagée. Cette évolution remarquable est le fruit des efforts concertés des gestionnaires du milieu et des communes du tour d’étang pour la mise aux normes sur des systèmes d’assainissement (notamment Narbonne, Port-La-Nouvelle, Portel des Corbières) et l’enlèvement de l’ancien barrage à vannes sur le grau de l’étang. Les très bons résultats observés en 2006, dans des conditions climatiques particulières, devront cependant être confirmés dans les années à venir.



     





 



Cette année encore, l’étang de Campignol est diagnostiqué en mauvais état vis-à-vis de l’eutrophisation.
Outre l’impact négatif récurrent des apports en nutriments véhiculés par le canal de la Réunion (qui alimente en amont puis recueille en aval les eaux d’irrigation des terrains agricoles de la Basse plaine de l’Aude), cette gestion hydraulique engendre également de fortes dessalures de l’étang. Cette variation de salinité au printemps et en été est à l’origine des successions observées sur la végétation aquatique. Dommageable pour la qualité biologique du milieu, cette instabilité devrait être limitée dans les années à venir.
En effet, l’étude du fonctionnement hydraulique des marais périphériques de l’étang de Campignol entreprise en 2006 dans le cadre du plan de gestion porté par le Syndicat Mixte du Delta de l’Aude devrait aboutir à une gestion optimisée de l’eau douce et des marais périphériques.

 



     






 



 


Le suivi de la qualité de l’eau de la lagune de l’Ayrolle affiche un très bon état vis-à-vis de l’eutrophisation. Toutefois, le point de suivi de la colonne d’eau est central et ne permet pas de mettre en évidence l’impact éventuel de l’alimentation en eau par l’étang de Campignol. Un second point de suivi de la colonne d’eau sera donc positionné, dès l’été 2007, au nord de l’étang de l’Ayrolle, à proximité de la communication entre les deux lagunes. Cette station permettra de vérifier si l’étang de Campignol joue réellement un rôle épurateur ou si, à l’inverse, le secteur nord de l’Ayrolle montre une sensibilité aux apports en provenance de Campignol, non encore observée plus en aval.
Par ailleurs, le diagnostic complet de 2005, avait mis en évidence une dégradation de l’herbier. A ce jour, les causes de cette dégradation n’ont toujours pas été identifiées. Le diagnostic simplifié des macrophytes prévu durant l’été 2007 devrait permettre de vérifier, deux ans après, dans quelle mesure la répartition de la communauté des macrophytes a évolué et si les herbiers ont recolonisé ou non le milieu.



     





 


   
 

 

A l’instar de 2005, le suivi de la qualité de l’eau confirme le bon état de la lagune de Gruissan vis-à-vis de l’eutrophisation. Ces résultats soulignent une fois encore, la forte réactivité de cet écosystème aux apports d’eau douce chargée en nutriments ainsi que l’importance de la période à laquelle ces apports se font. En effet, le bon état observé durant tout l’été reste associé à des abondances élevées de microalgues.
Le principal objectif sur l’étang de Gruissan est d’améliorer son fonctionnement hydraulique et, comme pour Campignol, d’optimiser l’utilisation de l’eau douce provenant de l’Aude. La réhabilitation des zones humides périphériques en amont devrait permettre de piéger les nutriments et d’améliorer la qualité de l’eau avant qu’elle n’alimente ces étangs.